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Les ordinateurs quantiques finiront par casser les algorithmes cryptographiques qui protègent les certificats numériques d'aujourd'hui. Les organisations qui survivront à cette transition seront celles qui auront intégré la crypto-agilité à leur infrastructure avant l'échéance.
Les algorithmes cryptographiques qui sous-tendent les certificats numériques actuels (RSA, ECDSA, ECDH) tirent leur sécurité de problèmes mathématiques que les ordinateurs classiques ne savent pas résoudre efficacement. La factorisation de grands entiers et le calcul de logarithmes discrets prendraient des milliards d'années sur les supercalculateurs les plus rapides dont nous disposons aujourd'hui.
Les ordinateurs quantiques changent la donne. Un ordinateur quantique suffisamment puissant exécutant le bon algorithme pourrait casser RSA et la cryptographie sur courbes elliptiques en quelques heures, voire en quelques minutes. Ce n'est pas de la science-fiction : États et acteurs technologiques investissent des milliards dans la recherche en informatique quantique, et des progrès réguliers sont réalisés année après année.
La question n'est pas de savoir si les ordinateurs quantiques menaceront la cryptographie actuelle, mais quand. Et comme migrer une infrastructure PKI entière vers de nouveaux algorithmes prend des années, les organisations doivent s'y préparer dès maintenant. La capacité à changer rapidement et sans accroc d'algorithme cryptographique s'appelle la crypto-agilité, et elle devient rapidement une priorité stratégique pour toute organisation qui dépend de la confiance numérique.
Publié par Peter Shor en 1994, cet algorithme peut factoriser de grands entiers et calculer des logarithmes discrets en temps polynomial sur un ordinateur quantique. Il casse directement RSA (qui repose sur la factorisation d'entiers) et la cryptographie sur courbes elliptiques (qui repose sur le problème du logarithme discret). Un ordinateur quantique suffisamment grand exécutant l'algorithme de Shor rendrait totalement non sûres toutes les paires de clés RSA et ECC en circulation.
L'algorithme de Grover offre une accélération quadratique pour la recherche dans des données non structurées, ce qui revient à diviser par deux la sécurité des algorithmes de chiffrement symétrique comme AES. Une clé AES-128, qui offre 128 bits de sécurité face aux attaques classiques, n'en offrirait plus que 64 face à un attaquant quantique. La parade pratique est simple : doubler la taille de la clé. AES-256, déjà largement déployé, fournit 128 bits de sécurité post-quantique, ce qui reste plus que suffisant.
On ne peut pas migrer ce que l'on ne connaît pas. La première étape consiste à dresser un inventaire exhaustif de chaque certificat, clé et dépendance cryptographique dans votre environnement. Cela inclut les certificats sur les serveurs, dans les services cloud, embarqués dans les applications et utilisés par les équipements IoT. Pour chaque actif, notez l'algorithme, la taille de clé, la CA émettrice et la date d'expiration. Cet inventaire devient la base de planification de votre migration.
Concevez vos systèmes de manière à ce que les choix cryptographiques se fassent dans la configuration, et non dans le code. Utilisez des bibliothèques et frameworks cryptographiques qui prennent en charge la négociation d'algorithmes et qui permettent de changer l'algorithme utilisé par un service en mettant à jour un fichier de configuration plutôt qu'en réécrivant la logique applicative. Côté PKI, cela signifie utiliser des plateformes de gestion de certificats qui sont agnostiques vis-à-vis de l'algorithme et capables d'émettre, de déployer et de renouveler des certificats qu'ils utilisent RSA, ECDSA, ML-DSA ou un futur algorithme pas encore normalisé.
Pendant la période de transition, les certificats hybrides offrent une voie pragmatique. Un certificat hybride contient à la fois une signature classique (RSA ou ECDSA) et une signature post-quantique (ML-DSA ou SLH-DSA). Les clients qui prennent en charge les algorithmes post-quantiques vérifient la signature PQ ; les clients hérités s'appuient sur la signature classique. Cette approche permet une migration progressive sans rompre la compatibilité ascendante. Plusieurs éditeurs de navigateurs et groupes de travail du CA/Browser Forum développent activement des normes pour l'émission de certificats hybrides.
Anciennement connu sous le nom de CRYSTALS-Kyber, ML-KEM est un mécanisme d'encapsulation de clés à base de réseaux euclidiens utilisé pour l'échange de clés. Il remplace l'étape d'accord de clés dans TLS et d'autres protocoles où deux parties doivent établir un secret partagé. ML-KEM est rapide et produit des clés et des cryptogrammes relativement compacts.
Anciennement CRYSTALS-Dilithium, ML-DSA est un algorithme de signature numérique à base de réseaux euclidiens. C'est le principal remplaçant des signatures RSA et ECDSA dans les certificats numériques. Il sera utilisé par les autorités de certification pour signer les certificats et par les entités finales pour prouver leur identité. Les signatures ML-DSA sont plus volumineuses que leurs équivalents classiques, ce qui a des conséquences sur la taille des certificats et la performance réseau.
Anciennement SPHINCS+, SLH-DSA est un algorithme de signature numérique fondé sur des fonctions de hachage. Contrairement aux schémas à base de réseaux, sa sécurité repose uniquement sur les propriétés bien comprises des fonctions de hachage, ce qui en fait une option de secours conservatrice. La contrepartie : des signatures plus volumineuses et des performances inférieures à celles de ML-DSA. SLH-DSA est recommandé pour les scénarios où la confiance dans la sécurité à long terme est primordiale et où les contraintes de performance sont moins critiques.
Inventaire cryptographique — Evertrust CLM découvre et catalogue chaque certificat de votre environnement avec son algorithme, sa taille de clé et sa CA émettrice. Vous disposez ainsi de la base de planification nécessaire pour mesurer l'ampleur de votre transition post-quantique.
Plateforme agnostique vis-à-vis des algorithmes — L'architecture d'Evertrust est conçue pour être agnostique vis-à-vis des algorithmes. À mesure que les algorithmes post-quantiques sont adoptés par les CA et intégrés aux normes, Evertrust prendra en charge leur émission, leur déploiement et la gestion de leur cycle de vie sans imposer de refonte de la plateforme.
Migration pilotée par les politiques — Définissez des politiques qui signalent les certificats utilisant des algorithmes obsolètes et orientent automatiquement les renouvellements vers des configurations post-quantiques ou hybrides approuvées. Construisez une stratégie CLM qui intègre la crypto-agilité comme une exigence fondamentale dès le premier jour.
Tableaux de bord de migration — Suivez l'avancement de votre migration post-quantique avec une visibilité en temps réel sur les certificats déjà migrés, ceux en cours de migration et ceux qui utilisent encore des algorithmes classiques vulnérables. Rendez compte de votre niveau de préparation aux auditeurs et à la direction avec assurance.